Et qui êtes-vous?
Bonjour,Et qui êtes-vous?
Sur quel base vous accorder notre confiance?
Nous n'avons pas ce budget pour la création artistique malheureusement. Nous sommes en attente des réponses à nos demandes de subvention et même notre travail à nous, l'équipe de création, est bénévole pour l'instant.100$ pour chaque temoignages?
Effectivement, notre projet en est un de théâtre documentaire. Il part de l’idée d’une ancienne escorte, qui souhaite faire connaître les diverses facettes de l’industrie du sexe au public. Je suis responsable des recherches pour le projet. C’est pour cela que j’ai placé une annonce ici. Notre équipe souhaite que le spectacle de théâtre qui découlera de notre travail soit ancré dans la réalité. C’est pourquoi nous recueillons des témoignages du plus de personnes possible qui gravitent dans l’industrie du sexe ou autour (escortes, clients, chauffeurs, intervenantes, etc.). Les personnes que nous rencontrons nous livrent leurs témoignages et nous nous en inspirerons pour créer les scènes du spectacle, mais nous veillerons à préserver leur anonymat, c’est-à-dire à ce qu’il soit impossible de les identifier dans le spectacle."Théâtre documentaire"...On en apprend à tous les jours!
Bonjour Julia Sky,Vous avez dit ce que vous faites sans vraiment dire qui vous êtes. Déjà que de solliciter des témoignages des gens gravitant dans notre industrie sans offrir de compensation c'est un faux pas très limite, il serait vraiment beaucoup plus judicieux d'être clair sur votre identité. J'ai (et plusieurs personnes dans cette industrie) du refuser énormément de demandes du genre au fil des ans par manque de transparence ou de respect de certaines normes non écrites mais évidentes. J'ai aussi eu la chance récemment de participer à une étude aboutissant en comédie musicale documentaire : ce fut possible parce qu'il y avait une compensation et que les personnes à la tête de l'étude en question étaient clairs et transparents sur leur identité.
Bon point. Ce qui m'amène la réflexion suivante: dans une société féministe absente de patriarcat, si des hommes décidaient d'offrir leurs services sexuels aux femmes, pensez-vous qu'ils auraient plus de clientes que dans la société actuelle supposément patriarcale?... Si on veut trouver l'origine du marchandage du sexe, c'est plutôt vers la nature humaine qu'il faudrait se tourner. Ce sont des facteurs immuables, et c'est pourquoi on l'appelle, "le plus vieux métier du monde".Dans la section « Détail et information » du projet:
« Il interroge plutôt les structures systémiques qui ont permis l’émergence et le maintien de cette industrie : le patriarcat, comme idéologie fondatrice des rapports de genre, et le capitalisme, qui transforme le désir en marchandise. »
L’émergence? Je croyais que c’était la plus vieille industrie au monde…
Salut Anthony,Bon point. Ce qui m'amène la réflexion suivante: dans une société féministe absente de patriarcat, si des hommes décidaient d'offrir leurs services sexuels aux femmes, pensez-vous qu'ils auraient plus de clientes que dans la société actuelle supposément patriarcale?... Si on veut trouver l'origine du marchandage du sexe, c'est plutôt vers la nature humaine qu'il faudrait se tourner. Ce sont des facteurs immuables, et c'est pourquoi on l'appelle, "le plus vieux métier du monde".
(La présente dans le seul but de susciter une réflection et non d'invalider le projet en question)
Vous touchez ici au noeud de la question. Commençons par les faits. Dans tous les pays du monde, l'écrasante majorité des clients qui paient pour des services sexuels sont des hommes. Est-ce que parce que les femmes "hésitent" qu'il y a si peu de clientes, ou serait-ce simplement parce que leur besoins sont comblés autrement? Il s'agit vraisemblablement de la deuxième option. Je ne prétends pas pouvoir offrir une réponse complète ici, mais en voici une partielle, sur la base d'études en psychologie évolutionniste citées dans l'ouvrage de référence du psychologue David Buss(1), ainsi que sur les travaux de la sociologue britannique Catherine Hakim (2,3).Alors, pourquoi les hommes en profites sans hésitation et beaucoup de femmes hésitent.
Oui, ca reste quand même pertinent de croire que, généralement, les femmes ont moins de difficultées à combler leurs besoins. De l'abondance, elles peuvent en avoir facilement. Par contre, est-ce que c'est du sexe taillé sur mesure, selon leurs demandes, comme il serait prévu en utilisant un escorte? Une fille pourrait se trouver un gars sur tinder à chaque soir si elle le veut. Les gars vont "swiper" sur toutes les filles sans même regarder et tout ce que la fille va faire c'est swiper sur des matchs automatiques. Par contre, ca risque fortement d'être des mauvaises rencontres, sans lendemain. Pas plus satisfaisant pour elle. Alors l'abondance d'offre gratuite n'est pas nécessairement gage de satisfaction.Salut @mtlspacial ,
Je pense qu'on se rejoint sur l'essentiel du message. Je ne vais certainement pas vous tirer de roches. Quand vous dites que "le marchandage de sexe semble plus venir d'un besoin évolutionnaire", cela revient à dire que cela fait partie de la nature humaine. Par nature humaine, on entend à dire des caractéristiques, des préférences, et des comportements qui sont observés de façon uniforme, avec des variations en degrés, à travers les cultures étudiées un peu partout sur la planète. (L'observation de comportements analogues chez les animaux, comme ceux que vous citez, complémentent ces études)
Vous touchez ici au noeud de la question. Commençons par les faits. Dans tous les pays du monde, l'écrasante majorité des clients qui paient pour des services sexuels sont des hommes. Est-ce que parce que les femmes "hésitent" qu'il y a si peu de clientes, ou serait-ce simplement parce que leur besoins sont comblés autrement? Il s'agit vraisemblablement de la deuxième option. Je ne prétends pas pouvoir offrir une réponse complète ici, mais en voici une partielle, sur la base d'études en psychologie évolutionniste citées dans l'ouvrage de référence du psychologue David Buss(1), ainsi que sur les travaux de la sociologue britannique Catherine Hakim (2,3).
Un des résultats les plus robustes en psychologie est que les hommes ont, en moyenne, une libido plus élevée que les femmes. Dans la plus grande étude sur le sujet (Lippa, 2009, cité dans Buss), impliquant plus de 200 000 personnes à travers 53 pays, les hommes ont rapporté avoir en moyenne une libido significativement plus élevée que les femmes. Dans une méta-analyse de 211 études regroupant plus de 500 000 participants (Friese et al., 2022, cité dans Buss) la fréquence du désir sexuel, de masturbation et des fantasmes sexuels était nettement plus élevée chez les hommes que chez les femmes. Un autre résultat répété à plusieurs reprises est que les hommes expriment un désir plus élevé de variété dans leur partenaires sexuels et en recherchent un plus grand nombre que les femmes. L'ensemble de ces faits contribue à l'émergence de ce que la sociologue Hakim appelle le déficit sexuel masculin.(2,3) En bref, dans toutes les sociétés étudiées, il existe un surplus de désir sexuel masculin non comblé. Donc, cela favorise l'émergence d'une offre de service commerciale pour combler ce besoin chez les hommes: le travail du sexe. Il découle aussi de cette théorie que les femmes bénéficient, dans la vie de tous les jours, d'un large bassin d'hommes à la recherche de relations sexuelles à court ou à long terme. En d'autres termes, les femmes n'ont pas besoin de payer pour ce qui est déjà disponible en abondance gratuitement. Il y a sûrement d'autres facteurs qui expliquent pourquoi l'on trouve si peu de femmes qui recherchent l'achat de service sexuels, notamment des facteurs relationnels, émotionnels et en lien avec la sécurité. En contrepartie, très récemment, certains observateurs ont remarqué que les jeunes hommes seraient de plus en plus réticents à proactivement approcher les femmes, ce qui pourrait provoquer un sentiment de besoins non comblés chez certaines, et, par extension, peut-être vouloir se tourner vers l'achat de services sexuels.
Une chose est sûre, s'il y avait une demande significative de services sexuels chez les femmes, il y aurait une offre de service chez les hommes pour y répondre. Les observations sur le terrain à l'échelle de la planète nous indiquent que le phénomène reste marginal.
Références
1) Buss, D. M. Evolutionary Psychology, Routledge, 7th edition, 2025.
2) https://journals.sagepub.com/doi/10.1177/0268580915569090
3) http://www.catherinehakim.org/wp-content/uploads/2011/06/IEA2015-Supply-and-Desire-61.pdf
L'absence de tels services est la preuve que la demande n'existe pas (sauf rares exceptions). En économie, s'il y a une demande, en l'absence de barrière d'entrée sur le marché, une offre de service va se développer. Ici, ce n'est pas le cas. J'en conviens que le monde change très rapidement. Peut-être verrons-nous de tels services émerger un jour à plus grande échelle. Je vais écouter l'entrevue que vous me suggérez.Alors, il y aurait avantage certainement à rendre le service plus accessible, et sur mesure.





